jeudi 6 juillet 2017

Drôle de Zèbre ?



Je n’aurais sans doute jamais la réponse parce que je n’irais jamais faire un bilan psy pour le savoir. Ce serait tellement prétentieux.
Mais, après être tombée, je ne sais plus comment sur cet article [1] "Pourriez-vous être un adulte atteint du syndrome d’Asperger ?", il y a eu ce premier test (disponible en anglais [2]  ou en français [3]) : une version très simplifié d’un test permettant de détecter le syndrome d’Asperger (ainsi que le RAADS-14 [4]), et son interprétation [5] : "26-31 gives a borderline indication of an autism spectrum disorder. It is also possible to have aspergers or mild autism within this range.".
Ce fut comme un déclic, un soulagement, un espoir… Finalement, je ne serais peut-être pas folle, hystérique, lunatique… Je suis peut-être seulement différente, juste différente.
Et puis, j’ai croisé ce livre dans un rayon par hasard :

Je ne l’aurais sans doute jamais acheté s’il s’était simplement intitulé « L’adulte surdoué ».
Je me suis toujours sentie tellement nulle, lente, bête. Même si je n’ai jamais eu de problème à l’école. J’avais même droit à la super étiquette « intello » au collège… une autre façon de dire à une fille qu’elle est moche ?
Je me suis toujours sentie idiote avec les gens, à côté de la plaque. Je devrais peut-être préciser, avec les gens de mon âge. Avec les adultes, je me sentais bien. Même si, en y repensant, les adultes en question étaient tous des profs, plutôt sympas, donc pas très représentatifs de la population adulte en général.
Mais ce titre m’a parlé, comme un écho à cette impression de tristesse, que j’ai le sentiment d’avoir toujours eu au fond de moi.

Oui, je sais, un livre ce n’est pas un diagnostic.
Mais j’ai pleuré. J’ai pleuré en ayant l’impression de découvrir enfin qui j’étais, de comprendre enfin ma vie, de découvrir que, non, je n’étais pas nulle, ni bête, juste différente.
J’ai ressenti un tel soulagement, comme si des tonnes de culpabilité s’étaient envolées, de lire la description, l’explication de ce que je ressentais chaque jour : «…l'émotion au bord des lèvres, toujours, et la pensée aux frontières de l'infini, tout le temps. »

Je crois que ce que j’ai ressenti ressemblait tout à fait à ça :
Extrait de La différence invisible
de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

J’ai aussi fait le pré-testMensa [6], juste comme ça, pour voir. 

Je n’irai pas plus loin, je n’en ai pas besoin.

J’ai enfin compris la révolte et la colère en moi, cette tristesse depuis toute petite, contre tous les malheurs de la Terre.
J’ai enfin compris cet ennui pendant toutes mes années d’école.
J’ai enfin compris la puissance de mes rêves, et mes déchirures.
J’ai enfin compris comment je fonctionne, suffisamment pour prendre soin de moi et empêcher mes nerfs de vriller, un peu mieux qu’avant en tout cas.

J’ai enfin compris que j’étais douée, au moins un peu, au moins assez. Assez pour réussir tout ce que je désire, assez pour aimer.

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