dimanche 22 octobre 2017

Heureux hasard


Depuis quelques mois, j'ai une liseuse. (Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis ?) Bref, après avoir juré que jamais je n'aurais ça, parce que j'aime les livres, j'aime le papier, j'aime les tenir dans mes mains, je n'aime pas lire sur un écran...

Mais, il m'est arrivé d'acheter un livre qui s'est avéré totalement dépourvu d'intérêt, en plus d'être déçue d'avoir dépensé de l'argent pour ça, il me fallait maintenant trouver comment m'en débarrasser... Si j'avais eu une liseuse, le livre m'aurait coûté moins cher et n'aurait pas encombré mes étagères.

Décision prise, mon chéri m'a offert une liseuse à Noël.

J'ai découvert que l'écran des liseuses n'a rien à voir avec celui d'un ordi ou d'un téléphone portable, j'ai découvert le plaisir de recevoir mon livre dans la seconde où je l'avais commandé (à un prix réduit), et la possibilité de lire gratuitement des extraits de centaines de livres. Souvent ces quelques pages suffisent à donner une bonne idée du contenu du livre et de la façon dont il est écrit, il suffit de quelques minutes pour savoir si on souhaite l'acheter ou pas.

Après avoir lu un certains nombre de livres qui m'avaient plu, ou, au moins, apporté quelque chose de nouveau, comme MiracleMorning, Ikigai (le secret desjaponais pour une vie longue et heureuse) ou Le livre du Hygge, j'étais un peu à court d'idée. Pour une fois, j'ai jeté un œil aux suggestions... puisque je pouvais toujours lire un extrait gratuit pour voir.


J'ai donc lu celui de Gretchen Rubin, The Happiness project, et j'ai décidé... de ne pas l'acheter.

C'est bon, j'avais compris l'idée : elle allait prendre des résolutions chaque mois pendant un an, et essayer de s'y tenir, pour devenir plus heureuse. Rien de bien original là dedans. Je me suis dis que ça n'allait rien m'apporter de plus. Mais en voulant supprimer l'extrait, une conjugaison de mauvais réseau wifi et de cliquage intempestif fit que je me retrouvais à avoir en fait acheté le livre ! Je ne voyais même pas de possibilité d'annuler la commande. D'abord agacée d'avoir dépensé de l'argent contre mon grès, je me dis finalement que ce n'était pas si grave, une dizaine d'euros, et que maintenant que je l'avais, je n'avais qu'à le lire pour voir.


Des résolutions, oui, mais pas seulement, cette femme avait aussi visiblement lu, et relu, des centaines de livres, et des études de toutes sortes, parfois très saugrenues sur les statistiques du degré de bonheur dans un couple ou ailleurs. Comment mesure-t-ils ça d'ailleurs ?
Elle semblait du genre à se documenter de façon extensive sur chaque nouveau sujet qui l'intéressait. Une chercheuse quoi ! Et ça, ça me parlait.

J'ai donc lu son Happiness Project, ces citations poétiques ou politiques, ces réflexions personnelles, ces études étranges, ces formules secrètes du bonheur.

Et cela m'a donné de plus en plus envie d'en commencer un aussi.

Quoi, qu'en y repensant, j'ai peut-être déjà commencé, il y a un certains temps. Quand j'ai voulu accoucher sans que personne me fasse chier juste normalement, en respectant la physiologie de la naissance, sans intrusion médicale inutile... début d'une utopie qui deviendra réalité.

Ce sont définitivement mes enfants qui ont enclenchés les révolutions majeures de ma vie. Parfois pour de douloureuses raisons, la souffrance d'un accouchement, un allaitement perdu, la difficulté à éduquer, une dépression post-partum... tous ces questionnements, ces ras-le-bol (et Google !) ont transformé ma vie.

J'ai appris à accoucher, à allaiter, à soigner un nourrisson, à le porter, j'ai même découvert que, sans le savoir, j'appartenais à une case sociale : celle des mamans maternantes (ben oui, les papas on s'en fout, comme d'hab !). Moi, qui n'aime pas les enfants (ça me fait peur et ça fait du bruit) et qui ne fait pas de bisous-gaga aux bébés que je ne connais pas... qui l'eût cru.

Chaque fois qu'un problème me semblait inacceptable, insupportable, j'essayais de trouver une solution.
Les couches lavables, le portage, le co-dodo, l'éducation positive/sans violence (mais ça, j'y arrive que quand-j'ai-le-temps-et-que-je-suis-pas-crevée-bordel-de-merde), et puis, plus tard, la méthode FlyLady, dans l'espoir de maîtriser cette organisation familiale, la cohérence cardiaque, découverte grâce à Chute libre de Mademoiselle Caroline, plus récemment Zéro déchet de Béa Johnson et la méthode Konmari, en me disant que moins je possèderais de choses, moins j'aurais de choses à ranger dans cette maison. Marie Kondo que j'aime d'amour, parce qu'elle parle à nos sentiments et non à notre raison, et que mes sentiments sont sans aucun doute ce qu'il y a de plus puissant dans ma vie.

Toutes ces recherches et ces tests avaient pour but de m'aider à aller moins mal, à m'en sortir, et ça a plutôt bien marché. Le temps, les enfants qui grandissent et pas mal de sport, m'ont aussi aidé à retrouver une forme physique normale.
Bref, je suis plutôt très heureuse aujourd'hui. Et pourtant, il y a toujours tant de choses qui m'agacent, je crie toujours trop, cette colère plus forte que moi, cette paralysie quand je suis submergée... Il y a tellement de choses que je voudrais améliorer.

Alors pourquoi pas un Happiness project, j'aime la routine mais j'ai aussi besoin de vivre des choses nouvelles régulièrement, pas trop exotiques, ni trop effrayantes, mais j'aime toujours apprendre, j'ai envie de faire beaucoup de choses et toujours l'impression de ne pas avoir le temps. Quoi de plus idéal que d'essayer de mettre en place quelques routines concrètes chaque mois, choisir le jour et l'heure de mes petits bonheurs pour enfin les réaliser, être fière de réussir... ou pas, ça n'a pas vraiment d'importance.

Tout le monde atteindra le même but à la fin de sa vie. J'ai juste envie de choisir un chemin qui me rendra un peu plus heureuse chaque jour, et peut-être qu'en passant je pourrais apporter un peu plus de bonheur à ma famille et à ceux que je croiserais sur ma route.

dimanche 15 octobre 2017

Miracle Morning

"Miracle Morning" : tout est là.

Ces deux mots : on s'imagine déjà dans Princess Bride avec Miracle Max qui ressuscite Westley. L'air pur... true love... le jour qui se lève et les oiseaux qui chantent.

Après il y a beaucoup de blabla dans ce livre, mais l'idée est là.
Idée que l'auteur n'est sûrement pas le seul à avoir eu d'ailleurs (mais lui il en a fait un bouquin, alors on en parle plus du coup).

L'idée d'associer quelques trucs dont on sait qu'ils sont extrêmement bénéfiques, au sens large : santé, moral...
Et oui, maintenant c'est scientifiquement prouvé ! Tout ces trucs qui ressemblaient, pour moi, surtout à des pratiques de sectes. Particulièrement des techniques comme la visualisation, ou le fait d'écouter des enregistrements pour méditer. Rien que l'idée me donne des boutons. Ça me rappelle le jour où ma sage-femme a, à tout prix, voulu me filer un CD d' "hypno-naissance". Pour pas faire ma bornée, j'ai voulu écouter pour voir. Après 15 secondes de musique insipide et voix mielleuse, je commençais une crise d'urticaire intérieure.

Mais bon... l'idée est là : vous sauver la vie, rien que ça, grâce aux "life SAVERS".
S pour Silence (5 min) : pratiquer la méditation, ou appelez ça comme vous voudrez. Moi, je préfère parler de cohérence cardiaque, et j'essaye de pratiquer l'exercice de cohérence rapide (et plus si affinité) décrit par Charly Cungi et Claude Deglon.
A pour Affirmations (5 min) : se répéter des affirmations (positives de préférences !)... votre esprit est bien plus puissant que vous ne le soupçonnez, et vous pourriez finir par vous convaincre.
V pour Visualisation (5 min): visualiser votre avenir, proche ou lointain, brillant et plein de succès ou simplement calme et serein. Penser à ce que vous souhaitez vivre et comment y parvenir, vous aurez beaucoup plus de chance d'atteindre votre but.
E pour Exercice physique (20 min)
R pour Reading (la lecture) (5 min) : même si vous n'avez pas l'habitude, le temps, l'envie de lire, 5 min c'est très court et sans vous en rendre compte vous allez apprendre beaucoup ou découvrir des romans passionnant (oui, l'idée c'est pas de lire Voici non plus...)
S pour Scribing (l'écriture) (5 min) : envie d'écrire un livre, de tenir un journal ou simplement de planifier votre journée, accordez vous quelques minutes.
Toutes ces pratiques, pas forcément dans cet ordre là, sont connues pour permettre d'être en bonne santé, plein d'énergie, soigner la dépression...

En résumé, en décidant de pratiquer le Miracle Morning (l'ordre et la durée de chaque pratique pouvant être adaptés à votre convenance), vous allez bien être sous influence, une influence positive, la votre.
Vous allez réfléchir un peu chaque jour à votre vie idéale et mettre en place toutes ces petites choses qui vous permettront d'atteindre vos objectifs.

Le truc improbable étant qu'il faut faire tout ça avant de démarrer votre journée.
Mais ça va pas non ! Je suis déjà claquée le matin, et puis je suis débordée... et gnagnagna...
Votre vie vous convient ? Très bien, ne changez rien.
Dans le cas contraire : essayez !

Vous allez vite trouver l'énergie dont vous avez besoin. Pratiquez un peu des ces six life SAVERS chaque matin, adaptez à vos envie et besoins. Pour les périodes ou vous êtes vraiment à la ramasse, Hal Elrod, l'auteur, propose même de faire ça en 6 minutes. (Une fois de temps en temps, ça peut être bien même si ça ne dure que 6 minutes, mais c'est vrai que c'est quand même plus agréable si ça dure un peu plus longtemps les autres jours... vous me suivez ?)

J'ai commencé en vacances, c'était plus facile, et puis j'ai fini par me caller sur 5h15 pour les périodes de boulot. Mais vous n'êtes pas forcément obligé de vous lever aussi tôt, disons qu'en gros il faut se lever une heure plus tôt que vous ne le faisiez avant.

Préparer ses affaires la veille, aide aussi à se motiver. Quand c'est l'heure, forcez vous à vous lever rapidement (moins de 5 min), allumez, buvez un verre d'eau.
Si vous n'êtes pas moi, vous avez peut-être passé une nuit sans boire, et la déshydratation fatigue (pensez-y la journée aussi). Vous devriez commencer à être légèrement mieux réveillé.
Perso, je commence par le sport, parce qu'à mon avis si je me mettais à la méditation, je me rendormirais aussi sec. Même si ce n'est que 5 min, ça réveille vraiment. Si il fait jour et que vous pouvez sortir, courir, faire du vélo, c'est encore mieux.

Le premier jour de mon Miracle Morning, j'ai vu le lièvre qui vit près de chez nous. Ça m'a rappelé l'écureuil que je voyais presque chaque matin en allant au labo. J'avais toujours l'impression que c'était un bon présage pour la journée.

Au retour, douche, oui, c'est pas dans cet ordre là dans le bouquin mais je fais c'que j'veux.
Puis 15 min de cohérence cardiaque, affirmations et visualisation : "être une maman calme et patiente..." Oui, on peut viser l'utopie !
Et pour finir écriture et lecture (sauf quand je bosse le matin, je le fais plutôt le soir, c'est nettement mieux que la télé pour bien s'endormir).


Et voilà, il ne vous reste plus qu'à commencer une merveilleuse journée, en allant prendre un bon p'tit déj' par exemple !

jeudi 6 juillet 2017

Drôle de Zèbre ?



Je n’aurais sans doute jamais la réponse parce que je n’irais jamais faire un bilan psy pour le savoir. Ce serait tellement prétentieux.
Mais, après être tombée, je ne sais plus comment sur cet article [1] "Pourriez-vous être un adulte atteint du syndrome d’Asperger ?", il y a eu ce premier test (disponible en anglais [2]  ou en français [3]) : une version très simplifié d’un test permettant de détecter le syndrome d’Asperger (ainsi que le RAADS-14 [4]), et son interprétation [5] : "26-31 gives a borderline indication of an autism spectrum disorder. It is also possible to have aspergers or mild autism within this range.".
Ce fut comme un déclic, un soulagement, un espoir… Finalement, je ne serais peut-être pas folle, hystérique, lunatique… Je suis peut-être seulement différente, juste différente.
Et puis, j’ai croisé ce livre dans un rayon par hasard :

Je ne l’aurais sans doute jamais acheté s’il s’était simplement intitulé « L’adulte surdoué ».
Je me suis toujours sentie tellement nulle, lente, bête. Même si je n’ai jamais eu de problème à l’école. J’avais même droit à la super étiquette « intello » au collège… une autre façon de dire à une fille qu’elle est moche ?
Je me suis toujours sentie idiote avec les gens, à côté de la plaque. Je devrais peut-être préciser, avec les gens de mon âge. Avec les adultes, je me sentais bien. Même si, en y repensant, les adultes en question étaient tous des profs, plutôt sympas, donc pas très représentatifs de la population adulte en général.
Mais ce titre m’a parlé, comme un écho à cette impression de tristesse, que j’ai le sentiment d’avoir toujours eu au fond de moi.

Oui, je sais, un livre ce n’est pas un diagnostic.
Mais j’ai pleuré. J’ai pleuré en ayant l’impression de découvrir enfin qui j’étais, de comprendre enfin ma vie, de découvrir que, non, je n’étais pas nulle, ni bête, juste différente.
J’ai ressenti un tel soulagement, comme si des tonnes de culpabilité s’étaient envolées, de lire la description, l’explication de ce que je ressentais chaque jour : «…l'émotion au bord des lèvres, toujours, et la pensée aux frontières de l'infini, tout le temps. »

Je crois que ce que j’ai ressenti ressemblait tout à fait à ça :
Extrait de La différence invisible
de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

J’ai aussi fait le pré-testMensa [6], juste comme ça, pour voir. 

Je n’irai pas plus loin, je n’en ai pas besoin.

J’ai enfin compris la révolte et la colère en moi, cette tristesse depuis toute petite, contre tous les malheurs de la Terre.
J’ai enfin compris cet ennui pendant toutes mes années d’école.
J’ai enfin compris la puissance de mes rêves, et mes déchirures.
J’ai enfin compris comment je fonctionne, suffisamment pour prendre soin de moi et empêcher mes nerfs de vriller, un peu mieux qu’avant en tout cas.

J’ai enfin compris que j’étais douée, au moins un peu, au moins assez. Assez pour réussir tout ce que je désire, assez pour aimer.